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Voltes
On pourrait y lire l'idée de transmission, qui est au cœur de cette « re-création » de soli extraits de sept spectacles
Voltes s'ouvre sur les images d'une femme âgée disparaissant derrière celles d'une autre femme, plus jeune. On pourrait y lire l'idée de transmission, qui est au cœur de cette « re-création » de soli extraits de sept spectacles. Autant de fragments dont on saisit les éclats, car l'un chasse l'autre rapidement. Pas de décors autour de ces corps qui ne racontent rein d'autre qu'eux-mêmes. En l'absence de fil chronologique, les soli s'articulent comme une passation de témoin, soutenue par les différentes phrases musicales et les variations de lumière.
On est d'emblée saisi par la solitude des solistes qui les nimbe d'une intimité démesurée. Présence et physiques dissemblables, les deux interprètes féminines, Carole Gomes et Isabelle Kürzi, habitent chacun de ces fragments avec leur personnalité. Sécheresse cinglante et rondeur lyrique alternent alors dans cette danse furtive et jaillissante. Une danse dont les formes se renouvellent peu, bien que l'on survole une grande période de création. Signe d'authenticité ? D'une posture irréductible qui résiste aux sirènes des modes ?
Comme pour se réapproprier sa danse, Catherine Diverrès reprend ensuite un long solo, Stance II. D'abord il y a la voix de terrien, le torrent rocailleux de Pier Paolo Pasolini, chant d'amour rugueux qui laboure l'âme. Et portée par cette voix, Catherine Diverrès dont la silhouette noire, visage masqué d'ombres, hante un vide tendu, à coups de gestes comme des jets suspendus, parfois à peine perceptibles.
De mouvements amples, brisés de fléchissements, en voltes vertigineuses aux arêtes vives, elle semble hésiter entre la tentation de l'épanouissement et le repli sur un corps affolé et muet. La fragilité brutale de cette dans, qui exprime et réprime dans le même mouvement, sidère le spectateur, oblige à tendre l'œil pour isoler, distinguer, capturer, ce qui tente d'échapper à notre regard médusé. Au-delà du matériau propre de l'œuvre, s'inscrit, peut-être à l'insu de la chorégraphe, une poignante mise à nu.
Romain Narcisse
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(re)création 2001
chorégraphies Catherine Diverrès
costumes Cidalia da Costa
lumières Marie-Christine Soma
danseuses Carole Gomes, Isabelle Kürzi
composé d'extraits des pièces Instance, L'arbitre des Elégances, Concertino, Ces Poussières, L'Ombre du Ciel, Corpus et un film de Téo Hernandez
durée 50'
Publié le 2003-10-08
Source Texte : ccnrb (http://www.ccnrb.org)
Genre : pièce en tournée
Thème(s) :
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Artiste(s) :
Passage(s) : Auditorium de Dijon Dijon , Théâtre d'Arles Arles 13200 , Trafo , Cluj-Napoja , Timisoara , Sibiu , Bucarest ,
Source Artishoc : ccnrb - http://www.ccnrb.org
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