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Il aura fallu que se produise la crise sociale sans précédent des intermittents pour que s'ouvre un débat national sur l'avenir du spectacle, ses réseaux, ses objectifs, ses contraintes et ses nécessités. Il aura fallu que s'engage une réflexion d'ensemble de la profession pour que se repose enfin la question du public. Et dans la fraîcheur d'un matin avignonnais, au début d'une longue journée de débats organisés cette année par le Syndeac, Vincent Baudriller et Hortense Archambault, les nouveaux patrons du Festival, déclaraient, avec force et simplicité : "la première richesse du Festival, c'est son public". C'est au public que nous nous adressons ici chaque trimestre ; c'est à vous que nous dédions cette saison qui s'ouvre, qui sera marquée par deux créations de Catherine Diverrès, des rencontres, des croisements, des accueils d'autres artistes, toutes choses qui font la vie de notre Centre. Mais si notre métier est de créer, inventer et produire des spectacles, réunir et rassembler des milliers de spectateurs, nous sommes attachés, au-delà du plaisir du divertissement, à la création, à l'exigence artistique. C'est pourquoi nous affirmons la nécessité de l'éducation artistique et culturelle ; c'est pourquoi nous rappelons que la puissance publique a un rôle irréductible de soutien aux activités de l'esprit. En un peu plus de trente ans, depuis l'arrivée d'André Malraux rue de Valois en 1959, la politique culturelle a été marquée par une grande continuité, qui a permis un réel développement des pratiques culturelles.
Cette politique a suscité des attentes et des besoins du public et des professions culturelles, que l'Etat depuis longtemps n'a plus les moyens de satisfaire à lui seul. C'est que la culture n'est pas seulement un secteur d'activité, mais une dimension de l'action publique dans son ensemble. De l'action sociale à l'éducation et à l'emploi, de la politique extérieure à l'aménagement du territoire, il n'est pratiquement aucun domaine relevant de l'intervention publique qui n'ait une dimension culturelle. C'est dans ce cadre artistique et institutionnel qu'évolue le Centre chorégraphique. Il est centré sur un groupe d'interprètes, une équipe de création ; il s'appuie sur une équipe administrative et technique, tous au service d'un projet artistique qui les rassemble et les anime. Au service d'une pensée, d'une écriture, d'un répertoire ; à l'écoute des publics, pour aller à la rencontre sensible, concrète, intellectuelle des artistes et des oeuvres.


Publié le 2004-07-30

Source Texte : ccnrb (http://www.ccnrb.org)

Genre : édito
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